Raconte nous ta course !
« La chambre d’appel 15mn avant la course permet de finaliser ce conditionnement et de rentrer complètement dans la course. Quand je vois comment mes adversaires me regardent, je sais qu’ils me craignent et ça me met en confiance (Personnellement, je ne les connaissais pas de nom, cependant, sur ce genre de course, on étudie tous la start-list afin d’avoir une idée du palmarès et du niveau des coureurs et je savais qu’il y en avait 4 ou 5 au-dessus du lot).
J’en profite donc pour leur montrer que je suis bien là en refaisant des accélérations dynamiques, en étant le premier prêt et en montrant de l’assurance et de la confiance, alors que clairement, au fond, je sais que je ne suis pas au niveau ! Mais ce petit jeu me plaît, je reste un grand joueur.
On part, je me place devant tout de suite. Je me retrouve dépassé très rapidement par deux des favoris (espagnol et portugais). Je prends alors leur foulée et me laisse volontairement décrocher car je sais que ça va trop vite pour moi. À ma grande surprise, les autres restent derrière moi et n’osent pas passer. J’impose donc mon propre rythme, celui où je suis à mon aise, et je ralentis la course petit à petit pour m’économiser. Le tiers de course passe et c’est seulement à ce moment-là que le polonais (qui avait le meilleur temps d’engagement), décide de passer avec un autre coureur. Ils relancent l’allure et je me cale derrière eux. Je me concentre juste sur mon relâchement et me contente de suivre. Finalement, on arrive assez vite à deux tours de l’arrivée (400m). Je me sens super bien et je me dis « allez, c’est le moment de tenter quelque chose » : je mets une grosse attaque pour les surprendre. Ils réagissent mais je sens qu’ils sont en difficulté. Je mets une seconde attaque beaucoup plus franche et brutale et là, je vois que je creuse un bel écart sur le polonais. Il me reste un tour (200m), je sais qu’ils ne reviendront pas et que je vais terminer 3e. »